Sigonce 04 Nos souvenirs

 

Les commodités.

 

L'eau potable.

Un village tout en tranchées.

En 1957 et jusqu'en 1958, on aurait dit la guerre des tranchées dans le village car la municipalité Oblé Maurel avait décidé de desservir les habitants en eau potable.

C'est l'entreprise Pascal, de Guillestre 05 (Hautes-Alpes) qui avait été chargée des travaux.

 

Plusieurs rues avaient été creusées en même temps, pour ne citer que les principales :

 

La Grand'rue,

La rue de la Poste,

La rue du Château...

Devant le bar Audibert dans la Grand'rue.

Rue de l'Église.

 

Il y avait des ouvriers et des engins de partout. Les habitants se déplaçaient sur des passerelles en bois pas si larges que ça. Quelle galère lorsqu'il avait plu juste avant, mais les habitants commençaient à être habitués et faisaient comme si de rien n'était.

Les villageois attendaient avec impatience d'ouvrir un robinet déjà installé à l'avance et une eau potable qu'ils souhaitaient depuis longtemps.

Jusqu'en 1958, il fallait aller chercher l'eau à la grande fontaine, à la petite fontaine ou à celle du haut quartier.

Il y avait aussi 3 bornes fontaines :


Une à 20 mètres après le monument direction Montlaux,
Une au coin de la mairie,
Une autre à l'école entre la cour des filles et celle des garçons.

En plus, il y avait un bassin place de la Garenne appuyé à une maison Dominique aujourd'hui Garcia qui rendait bien des services à ce quartier. L'eau perdue rejoignait en souterrain par canalisation le bassin de Moïse Sube, aujourd'hui Marcel Ughetto, eau qui servait à arroser le jardin sis derrière le mur de la cour de l'école.

Durant les travaux, les buses prévues pour l'égout ont été posées dans la même tranchée que les tuyaux d'eau en acier bitumé (goudronné pour la corrosion) à environ 1m20 de profondeur. Les eaux usées allaient se déverser dans une petite station d'épuration qui ressemblait plutôt à une grande fosse septique, station sise en bas du terrain communal du Grand jardin à proximité du torrent de Barlière.

M. Julien Espinelly était chargé de surveiller le bon fonctionnement de cette mini station.

L'éclairage public.

Des abat-jours … aux lampadaires sophistiqués d'aujourd'hui.

Pendant très longtemps les quelques rues qui étaient éclairées si l'on peut dire, elles l'étaient par des abat-jours émaillés au dessus vert et le dessous blanc où une simple ampoule était fixée au centre.

 

Toutes les semaines Julien Espinelly, garagiste qui était aussi l'homme à tout faire faisait le tour du village pour voir s'il n'y avait pas des ampoules grillées. Si c'était le cas, il utilisait une longue perche avec une pince rétractable au bout, enlevait l'ampoule et la remplaçait par celle qu'il avait dans la poche de sa veste.

 

Dès 1966 la municipalité envisage de remplacer ces lampadaires plus ou moins fiables à cause du vent ou de la pluie par des lampadaires plus sophistiqués avec une large couverture d'éclairage. Ce remplacement s'est fait en 3 tranches et le village a été à peu près couvert.

 

C'est l'entreprise Henry et Charmasson, de Villeneuve 04 (Basses Alpes), qui en assurait l'entretien et qui passait régulièrement pour voir si tout allait bien. Aujourd'hui c'est l'entreprise Urbelec, des Mées 04 (Alpes de Haute Provence), qui assure ce service.

Les municipalités successives ont amélioré cette couverture d'éclairage et créé d'autres points lumineux dans le village et en périphérie. Des lampadaires style lanternes anciennes ont été mises en place dans quelques rues du village, ce qui le rend encore plus accueillant.

Distribution électrique.


En remplacement du "127 Volts monophasé" et du "220 Volts triphasé" valeurs de tensions utilisées jusqu'alors dans le réseau électrique dit "basse tension" : il est décidé de généraliser en France, en 1956, le 220 Volts en monophasé et le 380 Volts en triphasé. 

Pour l'électricité domestique et l'éclairage public, le village comme beaucoup d'autres lieux en France ont connu cette période du "changement de tension" avec le passage du 127 Volts au 220 Volts. Nous avions des petits transformateurs 220/127 Volts pour alimenter les postes radios (à l'époque poste à lampes) ou d'autres accessoires électriques fonctionnant en 127 Volts qui seront utilisés jusqu'au renouvellement de ces appareils. C'est pour cela que vous trouviez à l'époque des commutateurs pour choisir la tension voulue.

En 1986, la tension normalisée sera de 230 Volts entre phase et neutre et 400 Volts entre phases avec une fréquence de 50 Hz (Hertz).


Alimentation en Gaz.

Les livraisons et les dépôts de gaz.

 

Le village, étant excentré des grands axes, était dépourvu de l'alimentation en gaz distribuée par un producteur, aussi les habitants devaient se tourner vers l'utilisation de bouteilles individuelles, "les bobonnes de gaz" comme l'on disait, fournies durant de longues années par plusieurs dépositaires de marques de gaz au village.

Aujourd’hui il n’y a plus de dépositaire, chacun se procurant sa bouteille en faisant ses courses aux alentours.

 

La voirie.
Les rues du village d'hier … à celles d'aujourd'hui.


En 1965 certains s'en souviendront, certaines rues n'étaient pas encore goudronnées.

C'était le cas pour la rue de la Poste, la rue allant de la statue de St Claude à l'école, les 2 rues perpendiculaires à la rue de la Poste, la rue de l'Aviasse.


Petit à petit ces rues encore en terre ont retrouvé une autre allure avec la nouvelle couverture bitumée.

 

Malgré tout elles restaient propres car chacun balayait tous les jours devant sa porte du fait qu'il n'y avait pas d'employé communal pour faire ce petit travail que tout un chacun pouvait faire.

 

Aujourd'hui, toutes les rues sont uniformément goudronnées, certaines même comme la Grand'rue ont bénéficié d'une couverture en enrobé.

 

Les poubelles et autres...

Comment faisaient les habitants autrefois pour s'en débarrasser.

 

Il y a bien des années il n'y avait pas de ramassage des ordures ménagères, à cycles réguliers comme aujourd'hui, à Sigonce.

C'était le système débrouille. Les habitants faisaient du compostage sans s'en rendre compte car ils stockaient les épluchures et autres déchets de légumes qu'ils répandaient sur leur lopin de terre en guise de fumier ou bien ils les faisaient cuire dans un grand récipient pour nourrir leur cochon ou autres bestioles qu'ils pouvaient posséder.
D'autres les enterraient tout simplement. Du fait qu'il n'y avait pas d'emballages plastiques de toutes sortes comme aujourd'hui, c'était plus facile et plus conforme à l'esprit écologique.

En ce qui concerne les cendres des poêles et les toilettes cela était plus compliqué.

 

Tous les habitants brûlaient du bois et surtout du charbon en provenance de la mine toute proche située au bas du village. Comment éliminer toutes ces cendres au quotidien ? Pour les habitants du centre village deux solutions : le matin juste avant d'aller travailler les cendres étaient récupérées dans un petit sac en toile que l'on rangeait dans sa poche une fois vide et avant d'arriver sur le carreau de la mine elles étaient déversées dans les crevasses du chemin de l'Aviasse (qui allait de la grande fontaine à l'ancienne mine) celui-ci n'était pas goudronné à l'époque et profondément raviné par la pluie cela colmatait les trous, au moins provisoirement !!!

D'autres, de bon matin se dirigeaient vers la cour du château qui était accessible à l'époque et y déversaient leurs cendres et le pot de chambre, pourquoi pas !!!

S'ils avaient un cochon certains en profitaient pour noyer le contenu du "kelli" (tinette) dans le fumier ou le purin.

 

Il faudra attendre 1958, avec l'avènement du tout à l'égout dans le village pour qu'une partie des rejets trouve une solution.

Dans la cour du château, au fur et à mesure que le temps passait, le tas d'immondices grossissait à vu d'œil et au bout de quelques années il était devenu très haut et imposant au grand désespoir de Mme Rose Rouard qui demeurait rue du château (actuelle maison de son arrière petit-fils Lionel Barthélémy). Celle-ci avait de grosses difficultés pour se rendre à sa cave, derrière sa maison, à cause de cette décharge envahissante.

Ceci se passait pendant la dernière guerre et encore quelques années après jusqu'en 1949.

C'était vraiment le système débrouille mais par chance on était à la campagne !!!

Quelques années plus tard il a fallu plusieurs week-end à M. Louis Portigliatti et à ses 5 ou 6 amis mineurs pour débarrasser ce "terril" si l'on peut dire à force de pelles, brouettes et avec l'aide du petit camion Dodge de la mine prêté gracieusement par M. Jean Coulomb directeur de celle-ci à l'époque pour évacuer dans de bonnes conditions et plus rapidement tous ces m3 amoncelés et compactés.

(M. Sube Moïse était le chauffeur attitré du Dodge).

Donc en 1949, sous la municipalité de M. Oblé Maurel, un ramassage des ordures ménagères a été mis en place et c'est M. André Chiapella qui a été choisi pour ce faire. À l'aide de son cheval et de son tombereau il passait une fois par semaine le samedi matin dans tout le village. En 1957, André Chiapella qui habitait à la campagne du Lan à l'époque avec ses parents achète son premier tracteur. Il attèle une remorque et continue son ramassage hebdomadaire.

 

Par la suite, sous la municipalité Émile Portigliatti dans les années 1965/66, compte tenu des nombreux estivants qui venaient à l'époque, il passait 2 fois par semaine le mercredi matin et samedi matin. Le progrès aidant et les détritus ménagers étant plus nombreux et plus conséquents il passera définitivement 2 fois par semaine toute l'année à ces mêmes jours.

 

Il allait déverser sa cargaison tout d'abord près du pigeonnier de Raboli puis par la suite sur une décharge ouverte sise derrière "La Petite Grange" ferme de M. Roger Sube à environ 300m plus loin face au quartier de "La Ferrure".

Toutes ces immondices basculaient dans le vide et formaient dirons nous une nouvelle colline accolée aux autres.

Elles brûlaient parfois et l'odeur âcre envahissait la campagne.

 

Cela serait strictement interdit et impensable aujourd'hui !!!

 

Afin de solutionner au mieux les problèmes, le maire de l'époque M. Émile Portigliatti avait fait construire par l'entreprise de maçonnerie Carmona deux grandes poubelles en béton avec trappe situées : une derrière l'ancien cimetière en coin du parking actuel en bordure de route et l'autre en direction de Lurs où se trouvent les actuelles poubelles plastiques face au lotissement près de la petite grange.
Elles étaient systématiquement vidées lors du passage de M. André Chiapella.

 

Pour l'anecdote :

Certains vacanciers qui traversaient en voiture notre village en provenance de Montlaux, Cruis ou autres… pour retourner vers Marseille emportaient très souvent leurs sacs poubelles avec eux et profitaient des containers ciment pour s'en décharger. Deux de ceux là ont eu la mauvaise idée de les jeter en bordure de route, sur notre commune, au lieu de les déposer dans la grande poubelle ciment servant à cet effet et qui se trouvait pas loin.
La gendarmerie passant par là en patrouille a eu l'idée de s'arrêter et d'ouvrir les sacs poubelles.

Des bandeaux de journaux ou autres papiers où figuraient des adresses ont été découverts ce qui a permis aux forces de l'ordre de retrouver facilement les contrevenants. Ils ont dû s'acquitter de 2 amendes sévères : l'un de 1500 et quelques francs et l'autre de 2547 francs (de l'époque) malgré leurs excuses disant que les sacs qu'ils emportaient à Marseille s'étaient détachés de la galerie du toit de leur voiture sur laquelle ils étaient arrimés.
Le moins taxé avait été sûrement plus convainquant que l'autre.

C'était pour la petite histoire !!!

Par la suite les communes dont la nôtre ont modifié leur système de ramassage et un camion benne passe désormais tous les jours ouvrables pour vider les containers d'ordures ménagères.

C'est à ce moment là que M. André Chiapella a cessé toute activité de ramassage des ordures ménagères vers 1990 je pense.

 

Dans la foulée les containers ciment qui n’avaient plus leur utilité ont été démolis. M. Jean-Paul Giai Checa maire à l’époque, informe par lettre en date du 3 octobre 2000 les habitants du démarrage du tri sélectif dans notre commune et dans celles affiliées au ramassage, tri qui a été mis en place progressivement. Des box spéciaux ont été installés en coin de la place derrière l'arrêt des cars et quartier des gîtes pour récupérer tout ce qui n'est pas ordures : verre, cartons, revues et journaux, petits emballages plastiques en vue de leurs recyclages.

Le ramassage a été fait tout d'abord par le SIVOM (Syndicat intercommunal à vocation multiple) et aujourd'hui c'est la Communauté de Communes qui assure ce ramassage quotidien. C’est M. Jean-Paul Giai Checa, maire depuis 1987, qui a conseillé au SIVOM lors d’une réunion d’acheter un camion–benne pour le ramassage des poubelles dans les communes concernées.

 

Communauté de communes du Pays de Forcalquier - Montagne de Lure 

 

De son côté l'employé municipal fait de son mieux afin que les rues du village restent propres et sa tâche serait facilitée si chacun balayait devant sa porte comme avant...

Mais çà c'était autrefois !!!

 

Émile Portigliatti

Les commodités.

 Nos souvenirs

 

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