Sigonce 04 À découvrir

 

Sigonce ... Durant 125 ans la mine a réglé la vie du village.

 

Depuis le Moyen Âge, et durant de longues décennies, Sigonce fut un village essentiellement rural. Suite à une ordonnance du roi de France, Louis-Philippe Ier (1773-1850), qui commande l’ouverture de concessions minières, notre commune change de visage et d’orientation. À la même époque cinq fours à chaux artisanaux disséminés sur la commune vont profiter du charbon extrait des mines de Sigonce.

 

Durant environ un siècle, l’industrie va prendre le pas sur l’agriculture car plusieurs carrières de pierres voient aussi le jour à ce moment là. Le matériau était omniprésent sur plusieurs fronts, mais les moyens de communication et de transport manquant, n’ont pas permis le développement intensif escompté.

 

À son début, l’exploitation du charbon était vraiment primitive et artisanale. Les premiers habitants qui se sont attelés à cette tâche ont commencé à exploiter les affleurements des couches de lignite au Nord et à l’Ouest du village, puis, petit à petit ont creusé des puits plus ou moins profonds. Ils étaient très souvent abandonnés par la suite car : soit l’eau arrivait en abondance empêchant la poursuite des travaux, soit l’on manquait d’air, ou bien le transport du charbon dans les galeries devenait trop onéreux.

On voit encore aujourd’hui dans les champs, à certains endroits, des tâches brunes ou des affaissements qui marquent l’emplacement d’anciens puits abandonnés.

 

Les concessions appartenaient presque toujours à des actionnaires, mais qui, en fait, étaient exploitées de-ci de-là par des fermiers du cru. Les moyens utilisés pour conduire le charbon en surface étaient vraiment rudimentaires, lents, et peu rentables : brouettes, traîneaux, treuil à main, manège à cheval, cheval, etc. ... Certains fermiers ou représentants d’actionnaires comme MM. Dennoz et Désiré Michel, pour ne citer que les principaux, ont tout tenté pour rentabiliser les exploitations qu’ils avaient à charge. Des puits ou des galeries ont été creusés aux quatre coins du territoire : le puits St Etienne, le puits St Louis, le puits de La Bascule, St Jean, Le Lan, au bord des Gaillardons et de Barlière, vers Chantebelle, vers le Plus Bas Moulin, mais les couches sont souvent minces ou inexistantes, ou bien l’eau est un obstacle majeur à la progression.

Malgré ces déboires, une belle machine à vapeur est installée près du puits St Etienne. Elle servait à l’épuisement et à l’extraction. La cheminée existe encore aujourd’hui.

La même année, une descente de 55 mètres avec escalier et main courante est faite dans la colline derrière le bâtiment qui fut celui des douches de la mine. Cette descente inclinée sert d’aération et de passage pour les mineurs. Une voie ferrée de 250 mètres est installée en 1879 au bas de l'escalier, et, à mi-course des escaliers, à droite, en descendant : la galerie 24 sert de collecteur d’eau.

Plus tard, toutes les eaux pompées de la mine seront remontées vers la galerie 24 qui aura pour mission de les déverser dans le torrent de Barlière au pied du terrain communal : Le Grand Jardin.

Plusieurs fois les chantiers sont abandonnés, mais après une courte interruption, de nouveaux actionnaires ou fermiers reviennent à la charge. Pendant une certaine période, deux concessions distinctes ont en quelque sorte joué la concurrence et avaient main basse sur tout le territoire : Sigonce et les Gaillardons.

Devant la pauvreté de la mine des Gaillardons, les deux mines sont finalement réunies en une seule en 1893.

De nombreux puits sont encore creusés pour arriver au charbon mais les résultats sont assez décevants.

Durant dix ans cette société va s’investir afin que le prix de revient du charbon extrait et rendu en surface soit le plus bas possible. Le charbon qui était principalement vendu à l’usine à chaux de Sigonce et à quelques particuliers, trouve des débouchés complémentaires tels que : les draperies de Digne, les poteries d’Oraison, les fours à chaux de Sisteron, les magnaneries des Mées, puis plus tard à l’usine chimique de St Auban et à la centrale thermique de Ste Tulle.

Le 20 mars 1927, le conseil municipal donne un avis favorable pour le projet de création, par la société des mines, d’un chemin de fer aérien reliant la mine de Sigonce à la gare de Lurs afin de pouvoir déverser le charbon directement dans les wagons SNCF.

(Société Nationale des Chemins de Fer français).

 

Suite à la guerre de 1914-1918, l’Allemagne avait une dette de guerre à honorer. C’est ainsi que les allemands construisent les 26 pylônes qui seront nécessaires à cette installation, et les mettent en place entre Sigonce et Lurs, aidés de techniciens français. La ligne a une double longueur de 5726 mètres.

Un wagonnet ayant survécu à la démolition.

Un des 110 wagonnets qui faisaient la rotation Sigonce-Lurs, ayant survécu à la démolition.

 

Pylonne  Transporteur aérien wagonnet  Transporteur aérien wagonnet  

Pylône du transporteur aérien monocâble et wagonnet. Mars 1927

 

À l’époque, cette installation était réputée pour être le plus beau transcâble d’Europe. L’inauguration a eu lieu le 28 avril 1928.

Les 387 habitants que comptait le village à l’époque étaient là, au pied de la mine, sur le chemin du Moulin, pour voir le lancement du premier wagonnet. Ce dernier était décoré de fleurs d’iris blancs, arborait le drapeau tricolore et contenait moult bouteilles de champagne pour les ouvriers qui devaient le réceptionner en gare de Lurs.

 

Après la guerre, ce sont MM. Constant Beltramo de Sigonce et Lucien Guglielmo de Lurs qui auront l’entretien de ce transporteur et puis, plus tard M. Guglielmo pourra assurer cette tâche tout seul, M. Beltramo étant appelé à d’autres fonctions à la mine.

 

M. Constant Beltramo

M. Constant Beltramo dans la colline s’affaire autour de la voiture de la mine au pied d’un pylône du transport aérien.

 

MM. Constant Beltramo et Lucien Guglielmo.

MM. Constant Beltramo et Lucien Guglielmo graisseurs attitrés en haut de l’un des 26 pylônes du transport aérien Lurs–Sigonce.

 

Lorsqu'ils revenaient de Lurs à vide, les wagonnets étaient conduits sous les trémies où ils étaient remplis. Ils étaient ensuite immédiatement dirigés vers le lanceur sur câble qui avait une certaine adresse pour envoyer le wagonnet sans le faire dérailler. Les principaux lanceurs, et durant assez longtemps, furent les deux frères Lovera : Jean et Clément. Les remplisseurs qui se sont succédés furent assez nombreux car ils étaient parfois polyvalents. Le passage au câble était presque un passage obligé à une certaine époque. Nous en citerons quelques uns : MM. Maurice Robin, Georges Sube, Yvon Roche, George Blanc, Poggi, Richer, Nicolas Selebiakoff et Nikita Mikalenko (tous deux Russes blancs) et bien d'autres encore.

 

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Un acte de sabotage :

En ce qui concerne le transport du charbon par wagonnets, un acte de sabotage a été commis sur la ligne du transporteur aérien dans la nuit du samedi 18 au dimanche 19 septembre 1943.

 

Le pylône numéro 5 de 24 mètres de hauteur situé entre la gare et le village de Lurs (04700) a été sérieusement endommagé par suite à l'explosion de cartouches qui avaient été placées sur les montants et les croisillonnements du pylône à environ 3m50 de la base.


Sur les 6 charges dont 3 composées de 6 cartouches de 200g d'explosifs placées sur chacun des montants et 3 autres de 2 cartouches attachées au milieu des croisillons, 2 seulement ont fait explosion.

 
Le montant côté Nord a eu ses 2 cornières sectionnées, celui coté Sud n'a eu qu'une cornière coupée et l'autre déformée. Le pylône n'a pas basculé et est resté dans sa position normale.
Le pylône numéro 4 de 6mètres seulement a été visé lui aussi, mais les cartouches n'ont pas explosé.

Malgré ces dégâts le transporteur à fonctionné normalement toute la journée du lundi. C'est seulement le mardi matin que le surveillant du câble qui ce jour là devait faire le graissage des pylônes de la région Lurs a découvert et constaté les dégâts.

Le transporteur à été immédiatement arrêté et les réparations ont été faites dans la foulée.

C'étaient vraiment des amateurs qui avaient procédé à ce sabotage. Deux échelles en bois rustique ont été trouvées sur les lieux ainsi que des cartouches inutilisées. De plus les mèches étaient pendantes et les détonateurs juste enfoncés dans la cartouche.


C'était l'époque de la résistance. Certains maquisards ne supportaient sûrement pas que notre charbon destiné à l'usine de St Auban (04600) profite aux allemands présents sur le plus grand site industriel du département des Basses-Alpes à l'époque.

Ce fut le seul acte de sabotage connu sur ce transport aérien durant la guerre de 1939-1945.
(Confirmation de ce récit par M. Jean Caciagli, ancien mineur âgé bientôt de 95 ans qui se souvient bien de ce sabotage et de tous ces détails.).


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Pour une rentabilité maximum, la nouvelle société va essayer de regrouper toute la structure minière au bas du village, afin d’avoir un seul puits d’exploitation d’où partiront toutes les galeries qui conduiront à la recherche de nouvelles couches plus ou moins importantes.

La galerie 40 :

Au départ, ce puits avait une profondeur de 40m. La galerie 40 qui partait de ce niveau fut très exploitée durant la dernière guerre et même bien après. Les mineurs empruntaient l’escalier pour atteindre celle-ci. 

 

Ensuite il fallut aller plus bas : ce fut la galerie 57.

 

Le puits fut enfin descendu à sa profondeur maximum : 74m avec un puisard de 10m environ afin de récupérer les eaux qui arrivaient en abondance et que l’on renvoyait systématiquement dans la galerie 24 par pompage, direction Barlière.

 

Cette exploitation devenant trop onéreuse, c'est un plan incliné, partant de la profondeur 74 vers 90, voire 107 qui est exploité.

À partir de la profondeur 74, les mineurs purent utiliser l’ascenseur ou "la cage", comme on l’appelait, pour se rendre au bas du puits et gagner ensuite le chantier à pied par la galerie.

 

Vers 1935, l’exploitation se modernise encore plus. On emploie "le foudroyage dirigé", ainsi on ne laisse plus de piliers de charbon pour tenir le plafond et sécuriser le chantier. On boise, on déboise, pour avancer plus rapidement dans l’exploitation et la sécurité en est accrue.

 

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Anecdote :

Pendant la dernière guerre, en mai 1944, la galerie 74 servait occasionnellement de stand de tir.

Lors du premier parachutage effectué par les alliés, des containers remplis d’armes variées avaient été largués à environ 5km de Sigonce sur un terrain propice à leurs récupérations au Revest St Martin.

Il fallait essayer ces armes pour se faire la main mais impossible de le faire au grand jour !

Aussi la galerie 74 au fond de la mine fut choisie d’office pour ces essais.

C’est ainsi que MM. Robin Julien (père), Robin Paul, Caciagli Jean (dit Jeanot), Applanat André, Reymonet Léon (dit Sardine), Alpin Charles Julien (dit Pinot) ainsi qu’un certain Beniacar Maurice adjoint de Schneider, tous résistants, ont essayé les mitraillettes Sten qui pourraient éventuellement leur servir face à l’ennemi...

 

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En 1948, on débute le forage d’un nouveau puits qui se situait à côté de la scierie, sur la propriété de Marthe Blanc (actuellement Clark Peter). Ce puits a été conçu pour l’aération de la galerie 74.

 

Puits 74.      Les ouvriers font la pause.

  • En Haut, de Gauche à Droite

Léon Reymonet

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Augustin Palla

  • En Bas, de Gauche à Droite

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Johannès Halm

 

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Sur ces photos l'on peut voir : Le derrick qui avait été mis en place sur le puits d'aération de la galerie 74 et quelques ouvriers ayant participé en 1948 à ce forage.

 

Il en reste aujourd’hui l’imposant socle en béton armé qui rappelle son emplacement initial. Le forage qui s’est avéré assez difficile a duré de 1948 à début 1953. Plusieurs ouvriers ont travaillé au forage, à l’étayage, tels : MM. Augustin Palla, Léon Reymonet, Ismaël Turin, Johann Halm (prisonnier allemand), Collet, Azzouz, et bien d’autres encore. MM. Benjamin Reymonet et Paul Vincent étaient préposés à la conduite du treuil.

 

Quelques mineurs à la sortie de la mine.

En haut de gauche à droite :

MM. Azouz, Curnier Paul (délégué mineur), Lovéra Jean, Fauque Maxime, Bidart Robert , Alexanian Charles , Ghigo Gaudenzio. 
Au centre :

un polonais.
Devant de gauche à droite :

MM. Groboz Raymond, Bidault Camille, un prisonnier allemand, Palla Augustin (ce dernier parfois remplaçant du chef porion d’après-midi).

 

Par mesure de sécurité, des pans de paroi du puits ont été cimentés sur une assez grande surface. Un majestueux derrick, semblable à celui du puits Pigeaud, avec sa grosse poulie en surplomb avait été installé au dessus du puits d’aération, permettant la remontée des "cuffats" (récipients en forme de tonneaux accrochés aux chaînes de suspension) remplis de boue, de pierres, et permettaient aussi la descente du personnel effectuant le travail au sein du puits.

En 1953, on commence le forage du dernier puits à "Fromagetti", en bordure de Barlière, bien à droite et en haut par rapport au cimetière
(puits qui avait la falaise en face et la ferme du Lan à droite). On voulait là aussi faire un puits d’aération afin de communiquer avec le plan incliné 107. Les travaux ne vont pas à leur terme. Ils sont définitivement abandonnés. Il n’y aura plus d’autres forages avant la fermeture de la mine.

Principal matériel utilisé par les mineurs.

Jusqu’en 1930, ils s’éclairaient avec des lampes à acétylène à feu nu, puis par la suite, et par sécurité par des lampes électriques à accumulateurs.

Le pompage était tout de même assuré dans la journée car la mine aurait été vite noyée, ce qui a failli arriver une fois à cause de la défection simultanée des pompes.

(Heureusement que l’usine de St Auban a prêté les pompes de dépannage).

Les piqueurs comme on les appelait étaient au moins 14, voire plus, répartis dans "la taille" et "l’avancement". Ils travaillaient à la tâche à l’aide d’un marteau piqueur de 7kg, fonctionnant à l'aide d'air comprimé.

 

Chaque ouvrier choisissait son métrage d’abattage en début de poste.

Ce travail était très pénible et presque assimilé à un travail de bagnard. Ils travaillaient le plus souvent à 80cm de hauteur, dans des conditions inimaginables, dans la boue, dans l’eau, couverts de sueur, un danger permanent planant au-dessus de leur tête.

De gros rats d’égout étaient omniprésents et essayaient de leur dérober leur casse-croûte qu’ils étaient obligés de mettre dans des musettes en bois, blindées de tôle, laissant juste dépasser le goulot de la bouteille. Lorsqu’ils sortaient de "leur trou" comme ils disaient, ces ouvriers étaient méconnaissables, tant ils étaient noirs, gluants de boue et fatigués. 

Pendant la guerre, l’effectif était assez élevé puisqu’il y a eu jusqu’à 162 ouvriers recensés. Par la suite, la moyenne tournait autour de 130. Il y avait au départ beaucoup d’italiens et d’algériens, puis vinrent les polonais, les russes, les espagnols, les portugais, les luxembourgeois et les arméniens. La mine de St Maime ayant fermé le 1er novembre 1949, plusieurs ouvriers mineurs de ce site sont venus travailler à la mine de Sigonce afin de pouvoir terminer leur carrière minière dans de bonnes conditions.

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Bellacène Ahmed (dit le marocain) à la montée du plan tracte un convoi de wagons de charbon à l'aide d'un treuil.


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De gauche à droite, juste visible :

Frantz Muller, Jean Albert, Giai-Checa Élie sous une galerie boisée.

 

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Giai-Checa Roger en haut de la taille s'affaire avec un lourd marteau piqueur afin d'abattre des plaques de charbon.


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De gauche à droite :

Sube Germain, Giai-Checa Élie, Frantz Muller et Jean Albert au bas du puits avant de regagner leur poste de travail respectif.

 

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Ouvrons une parenthèse :

Comme nous l'avons dit précédemment beaucoup d'ouvriers d'Afrique du Nord particulièrement des algériens sont passés par la mine de Sigonce et ce depuis les années 1940 pour certains. 

Pour quelques uns nous avons oublié leur nom ou leur prénom mais nous pouvons citer de mémoire, par ordre alphabétique :

Allouche Lamari
Allouche Mothmache
Amour Abdallah
Amour Moussa
Attalah Ahmed
... Azzouz
Bellacène Ahmed
Benattia Ahmed
Benattia Mokhtar
Ben Ali Ahmed
Ben Ali Ahmed (2)
Ben Ali Saïd
Boutahra ...
Boutahra ...
Hammoudi Tahar
Kaouchi Messaoud
Lahcène Mesbah
Mocrani Salah
Oualane Arrès
Oualane Kamedj
Oualane Mohamed
Oualane Orli
Saad Hellah
Yabouchi Derradji
Zerrouki Tahar

… et bien d'autres encore dont les noms nous échappent. Presque tous sont repartis dans leur pays d'origine particulièrement dès l'annonce de la fermeture de la mine le 31 décembre 1960. 

Quelques uns qui avaient fondé une famille sont restés dans la région de Forcalquier, telles les familles Amour et Zerrouki que nous rencontrons toujours bien volontiers.

 

Fermons la parenthèse.

 

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Outre le personnel de fond, il y avait les réceptionnistes à "la recette" (c'est-à-dire à l’arrivée du charbon en surface). Ils sortaient les gros wagons de "la cage" (ascenseur), et les vidaient dans d’énormes trappes. Ceux qui ont occupé le plus longtemps ce poste furent : MM. Ernest Christini et Louis Doche, aidés du jeune Georges Sube.

 

Plus bas, au triage, des femmes séparaient, avec des raclettes ou à la main le charbon de la pierre et envoyaient le bon charbon dans des trémies. Plusieurs d’entre elles travaillèrent en ce lieu durant de nombreuses années.

Nous citerons les plus connues : Mmes Miette Grosinger, Irène Prot, Yvonne Doche, Inès Ghigo, Jeannette Ughetto, Ginette Robin, Elsa Caciagli, Adémara Ughetto, Laurence Prot, Élisabeth Lovera, Renée Nicolosi, Antonia Sube.

Leur travail ne fut pas toujours facile car il y avait : la poussière, le froid, le bruit, et très souvent les mains abîmées par le charbon qui les blessait dans sa chute depuis "la recette". Le brouettage des pierres vers les trémies d’évacuation était toujours fait par un homme qui était très souvent polyvalent ou jeune débutant à la mine.

Tels furent à leurs débuts : MM. Élie Ughetto, Élie Giai-Checa, Jean Caciagli, Maurice Robin, Benjamin Reymonet, Élie Peyronnel, ou le juif allemand Oswald.

Le charbon ainsi trié partait alors vers Lurs par les wagonnets ou par camions, ou vers d’éventuels clients. M. Moïse Sube fut le chauffeur attitré durant de longues années, puis ce fut M. Maurice Robin qui prit sa suite jusqu’à la fermeture : le 31 décembre 1960.

 

À l’extérieur, il y avait aussi :

L’atelier central d’entretien dont le chef fut, durant de longues années : M. Casimir Milleto. M. Chirousse prit sa succession à sa cessation d'activité.

 

M. Georges Blanc s'occupait de la lampisterie, du forgeage "des pointeroles" (pointes d'acier que l'on adaptait sur le marteau piqueur pour l'abattage du charbon), ou  remplaçait occasionnellement un chargeur de wagonnet aérien.

 

Les conducteurs "de cage" étaient : M. Constant Beltramo pour le poste de jour et M. Léon Reyne pour le poste d'après midi.

 

La scie qui se trouvait près de l'énorme stock de bois neufs était spécialement utilisée pour préparer les longueurs de bois nécessaires aux boiseurs.

C’est Moïse Sube puis Maurice Robin et ce jusqu’à la fermeture qui allaient régulièrement à Valbelle (Basses–Alpes à l’époque) dans la vallée du Jabron, à l’ubac de la montagne de Lure avec le camion Renault à longues ridelles rabattables afin d’aller chercher les piquets de bois nécessaires pour l’étayage des galeries de la mine.

Il faut préciser qu’à cette époque la direction de la mine avait passé un accord avec l’office national des forêts qui fournissait le bois et c’est la scierie Marcel Breton de Valbelle 04200 qui le débitait pour le compte de la mine de Sigonce.

 

Un groupe d'ouvriers était chargé de conduire les wagons de remblai provenant du triage, vers le terril où ils étaient basculés.

 

Le premier terril se trouvait derrière l'actuel lotissement des gîtes. Un treuil électrique tractait les wagons, de la mine vers la Charité (actuelle maison Jean-Louis Gasquet), et le remblai était déversé, formant ainsi l'actuelle colline que l'on connaît et qui semble naturelle.

 

Plus tard, après 1940, un deuxième terril est crée après la ferme Blanc Adrien, (actuelle maison M. et Mme Marc et Soline Seretti), surplombant le lotissement de la Charité, direction Lurs. Une nouvelle colline est née en 20 ans environ. Un treuil électrique, puis un treuil à air comprimé est installé sur le parcours du convoi qui s'étire à flanc de coteau, depuis la mine sur une voie ferrée posée par : MM. Adam le Polonais et Edmond Grobos.

 

Ces terrils brûlaient nuit et jour et l'air était irrespirable dans ce secteur. C'est pour cette raison que Mlle Julie Blanc et ses parents (M. et Mme Adrien Blanc) avaient quitté la ferme pour s'installer au village, actuelle maison communale, place de la mairie.

 

Les quelques ouvriers qui s'occupaient des terrils et des diverses manœuvres furent : MM. Denis Moullet de Lurs, Léon Brémond, Fernand Pons de Pierrerue, Édouard Jayne, Brignones, Jean Olivier et enfin Jean Caciagli qui a fait fonctionner très longtemps les deux treuils.

Par la suite, il n'y a plus eu de titulaires à ce poste, chacun, à tour de rôle accrochait les wagons et actionnait le treuil. Le chef de surface des ouvriers à la recette et aux terrils à été avant la fermeture de la mine M. Eugène Wuibaux. La nuit lorsqu'on arrivait à Sigonce, en provenance de Lurs ou de La Brillanne, l'on pouvait voir des flammes tout le long du remblai (terril), comme on l'appelait. Selon les nuits, c'était même spectaculaire. Dans le village, l'odeur était moins âcre, mais une odeur de gaz continue se faisait sentir. Les autochtones étaient habitués, mais les vacanciers étaient rares, voire inexistants, car l'air, à cette époque était plus pollué qu'à la ville.

 

Enfin il y avait le service comptable. Ce service fut commandé par M. Gaston Blanc, puis, à sa mort, dès 1934, par M. Alfred Piozin, chef-comptable qui avait sous ses ordres, pendant peu de temps M. Pierre Just, puis M. Robert Théric jusqu’en 1945 avec Mme Andréa Jouval. Au départ de Raymonde Delaye, c'est Mme Sidonie Brémond qui la remplace.

 

Les porions de jour (chefs mineurs) les plus connus, qui assuraient la production, furent dans l’ordre : MM. Élie Blanc, Albert Maurel dit "Béton" et Louis Portigliatti, durant 11 ans sur 17 années passées à la mine de Sigonce, jusqu’à la fermeture.

Les porions d’après-midi (entretien) furent MM. Paul Dominique et Francis Mansoura.

 

En 1957, sur le carnet de poste de M. Louis Portigliatti, alors chef mineur au poste de jour et de la production, on pouvait lire :

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Le syndicat dominant de l’époque était le syndicat C.G.T (Confédération Générale du Travail), mais peu combatif. Il n’y a pas eu de conflits importants avec la Direction. Plusieurs délégués mineurs se sont succédés : MM. Paul Curnier, Léon Reymonet et enfin Henri  Nicolosi.
M. Raoul Féraud a essayé de mettre en place le syndicat C.F.T.C (Confédération Française des Travailleurs Chrétiens), mais il n’y a pas eu vraiment de suite.

M. Paul Dominique a lui aussi essayé de créer une section syndicale F.O (Force Ouvrière) sans réel succès aussi.

 

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Parmi les travailleurs étrangers employés à la mine.

 

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Fiche d'identité de "Medernach Ignace".

 

Fiche d'identité de travailleurs étrangers
Groupement n°4 Groupe n°702
Nom : Medernach
Prénom : Ignace
Date et lieu de Naissance : 12.10.1917 Diekirch
Nationalité : Luxembourgeoise
Profession : Mineur

Personne à prévenir en cas d'urgence :

Croix-Rouge Luxembourgeoise Montpellier

Carte d'alimentation n°212 Délivrée par la mairie de Genillé (Indre et Loire)
Le 29/10/1941.

 

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Photo d'identité de Medernach Ignace, faite à Forcalquier en 1943.

 

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Photo prise à Sigonce, en 1945, sur laquelle on reconnaît :

à gauche, Scholtes Nicolas, au milieu Medernach Ignace et à droite Feidert Jean.

 

Tous les trois sont originaires de Diekirch, une commune du Grand-Duché de Luxembourg.

Ils ont travaillé ensemble à la mine de Sigonce à partir de 1941 et furent mis en congé provisoire à partir du jeudi 05 octobre 1944 et rentrèrent à Diekirch début 1945.

 

"Article réalisé avec l'aide de la famille".

 

Tout d'abord le contexte historique.

Le Luxembourg a été placé sous occupation en mai 1940 et annexé à l’Allemagne en 1942. Pendant l’occupation, les autorités allemandes ont orchestré un programme de "germanisation" du pays, supprimant les langues et coutumes non allemandes. Le RAD (le Reichsarbeitsdienst équivalent au Service du travail obligatoire STO en France), a été introduit officiellement le 21 mai 1941 pour les jeunes nés en 1920.

Quoique notre père et ses copains Jean et Nicolas ne fussent pas concernés directement par le RAD, ils décidèrent, comme tant d’autres jeunes, de quitter le pays. Certains espéraient pouvoir combattre les Allemands dans l’armée des Alliés. La très grande majorité a fini par joindre la Résistance française, que ce soient les Francs-tireurs et partisans français (FTPF), l'Armée secrète (AS) ou le Combat ...

Notre père et ses copains ont passé la ligne de démarcation dans le département d’Indre-et-Loire, en traversant le Cher à la nage ! Une fois en zone libre, ils essayèrent de contacter la Croix-Rouge Luxembourgeoise, à Montpellier, afin de recevoir conseils et informations administratives. La loi du 27 septembre 1940, créée par le régime de Vichy, les obligeait à s’inscrire dans un groupement de travailleurs étrangers (GTE). Cette même loi ne donnait droit qu’aux travaux de gros oeuvre. Les étrangers pouvaient choisir entre l’affectation aux "Chantiers" Ruraux et Forestiers et celle de la "Diffusion", travaillant au profit de l’agriculture, de l’industrie (Saint-Auban) et des mines (Sigonce). Voir Wikipedia.

Sur la fiche de travailleur étranger de notre père est marqué le numéro de groupe 702 (coin droit en haut de la fiche), ce qui veut dire qu’il fut inscrit au groupement des travailleurs étrangers situé aux Mées (Les Mées 04190).

Le contrat de travail à la mine de Sigonce lui permettait d’être détaché ou libéré du camp, détail très important, s’il ne voulait pas être récupéré facilement par les Nazis, une fois installés au Sud de la France.

 

Deux autres Luxembourgeois travaillaient aussi à la mine.

Il s'agit de Richer Antoine, né le 8 décembre 1920 à Merl, Luxembourg (ville) qui fut embauché par les Chantiers Ruraux de Digne avant de devenir mineur à Sigonce, à son tour et de Wagner Émile, né le 26 avril 1920 à Esch sur Alzette, une localité située très proche de la frontière française.

Ce dernier qui était venu comme les autres en 1941 s'est marié à Sigonce avec Ghigo Inès qui demeurait place de la Garenne dans le village.

Ils eurent 2 enfants, Paul né à Digne-les-Bains et Viviane née à Esch sur Alzette.

 

Tous habitaient à "la cité des mines" jusqu'au début de 1945, avant l'arrivée des prisonniers allemands (actuelle propriété de M. Marc Bottero et Benjamin Mesassalma). 
Ces jeunes Luxembourgeois qui avaient entre 20 et 24 ans passaient leur temps comme ils pouvaient en dehors de leurs heures de travail à la mine ou leur implication dans la Résistance. Passionnés de foot ils faisaient quelques parties avec les jeunes du village, à l'aire, notre ancien terrain de foot, quartier du Monument à l'emplacement des 3
premiers gîtes ruraux construits en 1966.

 

Anecdote : Caciagli Jean (qui aura 95 ans le 29 août 2022) se souvient encore de ces parties avec les Luxembourgeois. Il avait autour de 14 ans et était gardien de but. Comme il n'était pas grand, l'un d'eux qui était une véritable armoire à 24 ans lui dit :

"Je n'ose pas shooter dans les barres car j'ai peur de te faire mal".

C'était Medernach Ignace qui approchait déjà à l'époque les 1m80 !!!.

 

Pourquoi ont-ils atterri à Sigonce ?

Ni notre père, ni aucun des autres n’étaient mineurs au Luxembourg.

Il existe éventuellement un lien entre le lieu du groupement des travailleurs étrangers et le lieu de travail le plus proche. Peut-être qu’ils suivaient tout simplement les directives reçues à Montpellier.
La Croix-Rouge Luxembourgeoise essayait "de placer" les jeunes dans la mesure du possible. Certes, c’est que notre père et ses copains se sont plu à Sigonce.

À la mine, ils ne souffraient pas de faim, ce qui n’était apparemment pas le cas dans les Chantiers mais, ce détail non négligeable, ils ne pouvaient pas le savoir d’avance.

Quelques petites anecdotes :

Avant de devenir "gueule noire", notre père était engagé à la manufacture de Bonbons anglais d’Auguste Richard, à Diekirch. Il y produisit des sucreries de toutes les couleurs (bonbons rouges, dragées roses, biscuits au chocolat …), comme dans les histoires de fées.

Faute de moyens financiers, Ignace, Jean et Nicolas ont fait le retour au Luxembourg à pied, janvier 1945. Une fois arrivés à la frontière franco-luxembourgeoise, ils ont fait arrêter un Luxembourgeois en camionnette en espérant qu'il les amène à Diekirch. Réponse de ce dernier : "Si vous avez réussi à faire 800km à pied, rien ne vous empêche de faire de même pour les 50km restants".

Notre père l'a racontée maintes fois au cours de sa vie. À la fin de l'histoire, il faisait toujours une pause et puis il rajoutait : "... le salaud !"*.

*(Se dit d'un homme moralement méprisable).

 

Renseignements donnés par M. Medernach Roger et Mme Medernach Marcelle.

 

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Dès 1945, et durant quelques années, une quarantaine de prisonniers allemands travaillait à la mine.

Le soir ils regagnaient leurs baraquements (ancienne cité des mines).

 

Quelques prisonniers allemands qui travaillaient à la mine à cette époque.

(Photos prises en 1948, à Sigonce).

 

En tenue de sortie En tenue de travail

Un dimanche, en tenue de sortie.

Au second plan Johannès Halm, le 2ème en partant de la droite.

 

Devant l'escalier de la mine, en tenue de travail, avec la compagnie de quelques algériens et d'autres ouvriers européens.

Au second plan Johannès Halm, le 4ème en partant de la droite.

 

Les documents suivant nous ont été fournis par la famille de l'intéressé.

 

BORDEREAU DE PAYE

CERTIFICAT (1)

CERTIFICAT (2)

Houillères du bassin de la Loire - Exploitations de MONTRAMBERT et de la BERAUDIERE
1 rue de Balzac SAINT-ETIENNE 
Exploitation de SIGONCE (B.-ALPES)

Comme ses camarades, le prisonnier allemand : HALM Johannès était un bon élément. Durant ces 2 années passées à SIGONCE où ils étaient quasiment libres, il n’y eut jamais de problèmes majeurs à déplorer. Il fut un bon ouvrier mineur bien considéré par sa hiérarchie à qui il a donné entière satisfaction.

 

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Les directeurs de la mine les plus connus et qui ont marqué leur passage à Sigonce furent : MM. Jean Gillier, Pierre Ladevèse, Jean Bayon, qui eut à ses côtés, durant quelques mois, en 1942-1943, deux ingénieurs stagiaires : MM. Loizeau et Toublanc, puis, Jean Gaucher, Jean Coulomb et jusqu’à la fermeture Félix Guillomond que les algériens de la mine appelaient "le Chibani" (le Vieux), à cause de son grand âge.

Les directeurs généraux de la société qui avait son siège à St Etienne (Loire), furent, dans l’ordre : MM. Pigeaud, Clapier, Rouaux, qui venaient systématiquement tous les mois faire une visite à la mine de Sigonce.

Les femmes des mineurs étaient elles aussi à la tâche, car tous les jours, sans exception, elles fréquentaient les lavoirs communaux pour laver les tenues de travail de leurs maris qui ressemblaient vraiment à des fantômes lorsqu’ils sortaient de la mine.

  • L’expression : "gueules noires", était bien justifiée.

Et leurs tenues ? Imaginez dans quel état !!!

 

Malgré fatigués, ces mineurs qui vivaient en bonne harmonie avec les chaufourniers (ouvriers qui travaillaient à l'usine à chaux et qui s'occupaient du four) et les agriculteurs, avaient des passions et de saines occupations : la chasse, la pêche, les boules et les cartes aux trois bistrots du village, et surtout la culture potagère dans les jardins que la mine mettait à leur disposition sur les terrains allant de la source du Pesquier au Plus Bas Moulin. Il n’y avait pas de terrain inculte à cette époque.

  • Rien n’était perdu.

Le matin vers 07h00, heure de rentrée du personnel de jour, la plupart des mineurs empruntaient le chemin de "l’Aviasse" pour se rendre à la mine (chemin qui part de la grande fontaine et qui arrivait tout droit sur la mine). À l’époque ce chemin était assez dégradé car il n’était ni empierré ni goudronné mais était seulement en terre. Comme pratiquement tous les habitants (mineurs ou pas) utilisaient les produits du cru pour se chauffer : le charbon de la mine, il y avait vraiment de la cendre à revendre au village. Afin de joindre l’utile à l’agréable, chaque jour la plupart d’entre eux récupéraient celle-ci de leur poêle et la déposaient dans les grandes rigoles ou crevasses qui se trouvaient sur leur passage, sur le chemin de l’Aviasse.

Par la suite, dans les années 1970, ce chemin fut empierré et goudronné une première fois par la municipalité Émile Portigliatti. Les 50 tonnes "de gravier Péchiney" (il a la particularité de se solidifier rapidement) nécessaire à l’empierrement du chemin avait été fourni et transporté gratuitement sur les ordres de M. Morucci alors ingénieur et chef de service du MTC (Manutention Transport Charges) à l’usine de St Auban (04). Le gravier avait été répandu sur toute sa longueur par MM. André Chiapella et Ismaël Turin qui avaient été mandatés pour ce faire.

  • Et aussi ...

Nous n’oublierons pas la gentillesse de M. Jean Coulomb qui fut directeur des mines de Sigonce de 1945 à 1958. Tous les jours de nombreux wagons de remblai mélangé à du charbon sortaient du fond de la mine.
Il y avait aussi quantité de piquets de bois ayant cédé sous le poids du charbon qui étaient plus ou moins pliés et qui n’étaient plus utilisables dans les galeries.
Ces wagons restaient quelques jours en stationnement sur la passerelle de la "recette"
(lieu où arrivaient les wagons de charbon en provenance du sous-sol).

 

M. Coulomb acceptait sans problème que des personnes étrangères à la mine viennent se servir quotidiennement en bois et charbon qu’elles récupéraient dans ces wagons, après un patient triage. Ils étaient presque mis à disposition avant leur départ pour le terril à quelques 300m de là.


Il fallait saluer la grande générosité et le grand cœur de M. Coulomb que beaucoup ont regretté lorsqu’il a quitté le village.

 

Famille Jean Coulomb
Sur la photo : M. Jean Coulomb entouré de sa fille Maryse et de son épouse.
Photographiés à la villa des mines en septembre 1958.

 

Lourd tribut :

Durant la guerre, il y a eu quatre accidents mortels à la mine. En 1942, M. Théo Grosinger, employé à l'atelier central extérieur est étouffé par une poche de gaz qui se libère lors de la remise en route des pompes à la station de pompage 57, suite à une inondation importante à cet endroit.
Durant l'année 1943, deux jeunes gens : MM. Édouard Jayne et Elso Prot sont victimes d'accidents mortels. Ils étaient âgés respectivement de 24 et 17 ans.
En 1945, M. Jean Roche est victime d'un accident mortel à l'âge de 19 ans.
En 1948 : MM. Wosniack, Pierre Mansoura et Maxime Fauque sont victimes d'un coup de poussière. Ils sont brûlés assez gravement, mais après des mois de soins, leur vie est sauve.
Les accidents étaient monnaie courante au fond de la mine, mais les blessures n'ont jamais été trop graves.

 

Le déclin :

Au fil des ans, les gros clients comme St Auban qui se tourne vers le fuel, l’usine de Ste Tulle vers l’hydraulique, il n’y a vraiment plus de clients sérieux pour la mine et les débouchés manquant, les actionnaires stéphanois n’investissent plus, et la rentabilité s’amenuise.

Tous ces problèmes seront résolus par la fermeture officielle de la mine le 31 décembre 1960.

 

La mine n’a jamais été vendue à Pechiney ni à une autre grande société qui l’a laissé dépérir, elle ne s’est pas noyée non plus, mais on l’a tout simplement laissée se noyer parce qu’il n’y avait plus de débouchés sérieux pour la vente du charbon de Sigonce. Si celui-ci avait été de la houille ou du coke (et non du lignite), peut-être que la mine serait encore ouverte ?

 

La fermeture de la mine (pour la production et le personnel) a donc été effective le 31 décembre 1960. M. Louis Portigliatti aidé de M. Jean Beltramo a procédé à une fermeture définitive du puits principal (St Etienne) en coulant une épaisse dalle ciment au niveau approximatif de l’atelier central (2ème entrée du puits) par où étaient chargés tous les bois qui servaient à étayer les galeries (le boisage), bois qui avaient été préparés aux dimensions voulues à la scierie se trouvant à proximité à environ 50m à droite tout près de l’actuelle maison Peter Clark, ceci afin d’éviter tout danger. 

La renonciation de la fermeture de la mine du 31 décembre 1960 a été acceptée par l’administration compétente gouvernementale le 22 octobre 1963.

Il faut préciser que ces 2 mineurs n’étaient plus assurés par la compagnie et ils avaient pris de gros risques (durant ces quelques jours après la fermeture) en effectuant ce travail : mais il fallait le faire pour la sécurité de tous aussi bien adultes qu’enfants !!!


C’est un coup dur pour le village et pour son économie, mais la majorité des mineurs retrouve un emploi aux mines de Manosque, Saint Paulet de Caisson
(Gard), du Luc (Var), La Mure (Isère), pour ceux qui ont voulu poursuivre dans cette voie, ou se recyclent dans d’autres branches.

Aujourd’hui, lorsqu’on passe à Sigonce, on ne se doute pas que ce petit village de Haute-Provence fut, durant plus d’un siècle un village industriel par excellence.

 

SIGONCE (Basses-Alpes) - Vue des Mines de Sigonce (Vue de la première mine en service au bas du village)

 

Une extraction qui commençait à être moderne : charbon en provenance du puits qui se trouvait dans le grand hangar (20m de profondeur), attenant à l’ancienne cité des mines. Dans cette courte galerie qui arrivait à ce puits et qui allait en direction de la campagne du Vivier (actuellement Gilbert Blanc), les mineurs travaillaient à l'aide d'une "tranche", pour traverser la roche avant d'atteindre la couche de charbon. Ils déposaient le charbon extrait dans des paniers qu'ils traînaient jusqu'au puits et qu'on remontait en surface grâce au tourniquet actionné par un cheval qui à l'époque était blanc.

Depuis 04h00 ou 05h00 du matin, des tombereaux tractés par des chevaux, en provenance de Forcalquier, La Brillanne etc. ... attendaient pour charger le charbon.

 

Vue de la mine de Sigonce.
Vue de la mine de Sigonce lorsqu’elle était en pleine expansion.

 

                      Vue de la partie arrière du bâtiment.

                      Vue de la partie arrière du bâtiment. Gare de départ des wagonnets. 

                      Les câbles aériens sont visibles.

 

Vue des structures supérieures de la mine.

Vue des structures supérieures de la mine : Le derrick, à droite un des 2 ascenseurs, les wagons pleins rangés le long de la rambarde.

Ils viennent d’arriver du fond de la mine prêts à être basculés dans les trémies du triage afin de séparer le bon et le mauvais charbon.

Cet endroit s’appelait la "recette".

 

Tableu Alain Christini

Tableau représentant "la mine de charbon de Sigonce" en pleine activité. (59cm x 44cm).

C'est Alain Christini, passionné de peinture et de fusain, qui l'a crayonné. Alain était un enfant du pays, hélas il nous a quittés prématurément en 1994 à l'âge de 61 ans.

 

Tableau de la mine peint à partir d'une photographie couleur. (73cm x 54cm).

 

Réalisé par Mme Josy Viton, une jeune fille de St Auban qui devait avoir 16 ans ou 17 ans dans les années 1970, ses parents étaient les anciens propriétaires du restaurant "Le Fournas" à St Auban 04600.

 

Dimanche 22 septembre 2019, les Journées du patrimoine.

(3ème week-end de septembre).

 

Journée du patrimoine 2019

Affiche publiée pour l'occasion.

 

Émile Portigliatti

La mine de lignite.

 À découvrir

sigonce_12z.pdf sigonce_12z.pdf : 2021ko, version 26 _ 19/04/2022 Pourquoi un fichier PDF ?

 

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Voix du Patrimoine : "L'exploitation du lignite à Sigonce".

 

Un article enregistré d'Émile Portigliatti.

 

Celui-ci est mis à disposition selon les termes de la license Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.

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Voix du Patrimoine

 

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