Sigonce 04 À découvrir

 

Sigonce ... Autrefois la fête de la St Claude.

 

La fête de la St Claude a toujours été fixée au 6 juin, mais effectivement fêtée le 1er dimanche de juin. Ce n’était pas la tradition de décaler cette fête. Pour cet évènement annuel petits et grands étaient mobilisés.

 

Presque deux mois avant il fallait récolter les fonds. Il n’y avait pas de subvention à l’époque et c’était le produit de la quête qui permettait d’organiser cette magnifique fête qui s’étalait vraiment sur trois jours.

 

Des équipes de jeunes gens étaient chargés de passer dans chaque maison, y compris les campagnes, qui étaient encore en nombre à l’époque, et aussi et surtout chez le patron de la mine et chez celui de l’usine à chaux (M. Émile Boursier), sans oublier M. Henri Pic (retraité de l'équipement où il avait exercé en dernier lieu à St Etienne les Orgues comme conducteur de travaux) qui se faisait un honneur de donner une très belle somme pour que la fête soit réussie. Deux équipes étaient mandatées chez tous les commerçants de Forcalquier (très généreux), car l’argent de Sigonce, à la période de la mine et de l’usine à chaux, allait en grande partie chez eux en cours d’année.

 

Une semaine avant la fête, c’était le branle-bas de combat.

 

Des dizaines de jeunes gens qui étaient très nombreux à l’époque industrielle, se retrouvaient le soir, place de la Mairie, car il fallait confectionner les guirlandes en buis et préparer l’estrade pour les musiciens. Pour ce faire, M. Sube Moïse, chauffeur poids lourd de la mine, en accord avec le directeur, emmenait quelques jeunes gens avec lui, avec le camion "Dodge" pour aller chercher le buis à Lurs, tout près du moulin de Monesargues (Les Roques). Plusieurs voyages étaient nécessaires.

 

D’autres allaient couper des branches de peuplier, en bordure de la rivière Barlière, pour habiller le devant de l’estrade.

 

Les grosses planches en chêne étaient prêtées par la mine et les gros tréteaux en bois qui supportaient l’estrade, par la mairie. Il fallait aussi vérifier chaque année les longues rampes électriques qui avaient été fabriquées artisanalement ainsi que les ampoules souvent grillées.

 

L’estrade était toujours montée sous le balcon de Mme Simone Tardieu, sauf en 1946, première fête après la guerre où elle avait été faite devant l’ancien garage taxi Espinelly (actuellement maison M. et Mme Michel et Martine Hulot) pour la venue de l’orchestre réputé : Pierre Monti.

 

Dans les années 1947-1948, M. Robert Jaumard, bijoutier à Forcalquier, venait animer des soirées dansantes les lundis soirs de la St Claude par exemple ou pour d'autres occasions festives en cours d'année. Il arrivait avec sa traction noire, s'installait sous le balcon Tardieu, plaçait pick-up et ampli à l'intérieur de la voiture et les hauts-parleurs sur le toit du véhicule. Il se définissait comme étant "l'orchestre invisible et infatigable", orchestre qui a amusé beaucoup de danseurs émérites qui ont évolué sur la piste en ciment. La piste de bal se trouvait entre les routes direction Forcalquier et celle allant vers Montlaux, face à l'ancienne remise Alpin (actuelle maison Alex Serrano) et la maison Simone Tardieu. Elle était cimentée chaque année par des adultes volontaires qui pratiquaient un peu la truelle à l'occasion de la St Claude.

 

Plus tard, la municipalité Émile Portigliatti a opté pour une estrade en dur, couverte en tuiles, se trouvant toujours derrière la mairie. Elle avait été confectionnée par M. Savouillan, artisan maçon à Lurs qui venait de mettre à neuf les façades de la mairie. Les musiciens avaient ainsi une estrade bien abritée, et les danseurs pouvaient s’en donner à cœur joie sur la piste en ciment en contrebas de l’estrade.

 

À l’époque, les villageois attendaient la fête de la St Claude avec une grande impatience car c’était une très belle fête, attirant vraiment beaucoup de monde de la région, ainsi que de nombreux forains habitués qui retenaient leur place à leur départ pour l’année suivante et qui n'auraient pas manqué cette fête pour rien au monde.

 

Les fêtes patronales de la St Claude eurent toujours un grand succès.

 

De beaux groupes folkloriques sont venus régulièrement animer la fête :Le Jazz-Band de Manosque, le Quadrille Sisteronnais, et l’incontournable Écho Forcalquéren qui défilait dans les rues et qui donnait un grand concert sur la place le samedi soir en nocturne, pour donner le coup d’envoi des festivités, sans oublier le réveil en fanfare et l’aubade au maire du dimanche matin sous la conduite de leur chef : Paul Ferreoux.

 

Quand les majorettes du Jazz-Band de Manosque animaient la fête de la St Claude.

 

Dès 1946, c’est M. Georges Sube qui est président du comité des fêtes. C’est lui qui fait venir le célèbre orchestre national Pierre Monti pour animer ces trois jours de fête. Les musiciens couchaient à l’hôtel à Forcalquier, mais mangeaient chez l’habitant, à Sigonce. L’épouse de Pierre Monti étant sœur de lait d’une fille Pardigon à Sigonce, le chef d’orchestre a accepté de venir dans notre village avec ses musiciens. Ensuite il y a eu des présidents très dynamiques qui sont restés de nombreuses années aux commandes, tels : Moïse Sube, Odette Chiapella (épouse Roux), Joseph Mansoura, Maurice Pulcrano, qui se sont dépensés sans compter pour que la St Claude soit toujours plus belle. Durant quelques années, des orchestres réputés venaient de Monte-Carlo.

 

Une fois, des hauts parleurs avaient été installés en haut de la tour de l’horloge. On entendait la musique à des kilomètres.

C’était l’époque des concours de valse, et malgré de nombreux concurrents qui s’exhibaient sur la piste, ce furent souvent nos concitoyens : Paul Robin et Élie Giai-Checa qui ont remporté le premier prix, car ils excellaient en ce domaine.

 

Par la suite, ce sont des orchestres du département qui sont venus animer la fête de la St Claude, tels :

Le Mélodia-jazz de Sisteron, le Farri de Digne, le Rythme Vagabond de Forcalquier, le Stella-Jazz de St Michel l'Observatoire et enfin Dino-Negro de Digne se sont retrouvés de nombreuses fois à Sigonce pendant les deux jours, voir trois jours de fête votive.

 

Le Rythme Vagabond

Le Rythme Vagabond où certains reconnaîtront : Mario Ansaldi à l'accordéon, Raphaël Olivo à la guitare, Frédo Biélak à la batterie, Francis Isnard à la contrebasse et Léo Roux à l'accordéon et au saxo.

 

Le Stella-Jazz

Le Stella-Jazz animé par : Jean Pardigon au piano, Jean Figuière au saxo, la talentueuse chanteuse Mady Olivo, Pierrot à la batterie, Marcel dit "Caille" à l'accordéon, Pierre Téchène à la trompette et Raphaël Olivo à la guitare.

 

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Plus tard, le comité des fêtes est devenu :

 

"Les Gaillardons" (association pour l’organisation des festivités).

 

Depuis, plusieurs présidents se sont succédés à ce poste qui demande toujours beaucoup de travail et de disponibilité.

 

Comité des fêtes 2019–2020

Depuis le 2 mai 2019, suite à la démission du bureau en charge, le nouveau bureau des Gaillardons est composé comme suit :

 

Président : Chemin Fanny.

 

Vice président : Lebré Nathalie.

 

Trésorier : Froës Christiane.

 

Trésorier adjoint : Discazaux Romain.

 

Secrétaire : Chemin Angélique.

 

Secrétaire adjoint : Lebré Virginie.

 

Comité des fêtes 2021–2022

Suite à la démission du bureau du comité des fêtes "Les Gaillardons", présidé par Chemin Fanny, un nouveau bureau a vu le jour le samedi 27 novembre 2021.

Il est composé comme suit :

 

Président : Blic Baptiste.

 

Vice président : Feraud Christophe.

 

Trésorière : Thebaut Céline.

 

Trésorier adjoint : Thebaut Emilio Martin.

 

Secrétaire : Longepierre Guinot Damien.

 

Secrétaire adjoint : Blic Claire.

 

Si des volontaires veulent rejoindre l'association "Les Gaillardons", ils peuvent contacter l'un des membres ou par l'intermédiaire de la mairie.

 

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Depuis le mois de juin 2006, musiciens et danseurs n'ont pas retrouvé leur endroit habituel pour la St Claude. Par décision de la municipalité, la pièce attenante à l'estrade a été transformée en nouveau secrétariat et de ce fait ne peut plus être mise à la disposition des musiciens pour le dépôt du matériel, ni au comité des fêtes pour le sien.

Une estrade démontable prêtée gratuitement par la mairie de Forcalquier a été mise en place devant la maison Tardieu et la piste de bal qui se trouve devant l'estrade, est aujourd'hui goudronnée (à même la route) et non cimentée.

 

Mais que faisait-on durant la fête de la St Claude ?

 

À l’approche de la St Claude, le village décidait de se parer de ses plus beaux atours pour la circonstance et de faire un brin de toilette supplémentaire. Quelques jours avant, du fait qu’à l’époque il n’y avait pas d’employés municipaux dans la commune, quelques adultes bénévoles nettoyaient l’avenue des platanes. Armés de pelles, râteaux, et autres outils de jardin, ils piochaient l’herbe de chaque côté de la route, et préparaient un vrai boulevard pour les boulomanes et les forains.

Ceux-ci arrivaient dès le mercredi avec leurs camions et roulottes et se mettaient en place.

 

Pour ne citer que les habitués :

Mme Maillet, dite : "La Maillette", comme l’appelaient ses familiers (roulette), Pelissier avec ses grues, ses pois-chiches et ses cadeaux, Copetto (tir + roulette), Bouchard (chevaux de bois), Lapeyre (roulette), Dalberto (balançoires – bateaux et plus tard chevaux de bois), Bonhomi (roulette), un très long stand de tir aux pigeons vivants.

 

Avant la guerre, et juste après, il y avait Mme Jeanne Blanc de Sigonce avec ses "cri-cri" (chaises volantes), et bien d’autres encore qui occupaient les deux places et une bonne partie de l’avenue des platanes.

 

La seule fois où le manège Bouchard s’est installé devant la mairie, durant une heure il avait été loué et investi par une drôle d’équipe.

 

Ces grands enfants qui s’appelaient :

Ghigo Gaudenzzio, Portigliatti Louis, Kita Jean, Sube Moïse, Lovera Jean, Alexanian Charles, Julien et Victor Espinelly, avaient installé sur le manège, des tables empruntées au café Sube, juste à côté, et avaient "cassé la croûte" dans la joie et une bonne humeur festive.

 

Qui ne se souvient pas des retraites aux flambeaux du samedi soir, en compagnie de l’écho Forcalquéren. Des dizaines d’enfants, avec leurs flambeaux fournis par la mairie, et les parents qui suivaient les musiciens dans les rues du village, s’arrêtaient devant la statue de St Claude où était joué le Coupo-Santo.


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Pour les puristes :

 

La Coupo
Paraulo de Frédéric Mistral
, (Poète français 1830-1914), dins "Lis Isclo d'Or".

Refrin Refrain
Coupo Santo Coupe sainte
E versanto, Et débordante
Vuejo à plen bord, Verse à pleins bords
Vuejo abord Verse à flots
Lis estrambord Les enthousiasmes
E l'enavans di fort ! Et l'énergie des forts !
Prouvençau, veici la coupo Provençaux, voici la coupe
Que nous vèn di Catalan : Qui nous vient des Catalans
A-de-rèng beguen en troupo Tour à tour buvons ensemble
Lou vin pur de noste plant ! Le vin pur de notre cru.
D'un vièi pople fièr e libre D'un ancien peuple fier et libre
Sian bessai la finicioun ; Nous sommes peut-être la fin
E, se toumbon li Felibre Et si les Félibres tombent
Toumbara nosto nacioun. Tombera notre nation.
D'uno raço que regreio D'une race qui regerme
Sian bessai li proumié gréu ; Peut-être sommes-nos les premiers jets
Sian bessai de la patrio De la patrie, peut-être, nous sommes
Li cpoun emai li priéu. Les piliers et les chefs.
Vuejo-nous lis esperanço Verse-nous les espérances
E li raive dóu jouvènt, Et les rêves de la jeunesse
Dóu passat la remembranço, Le souvenir du passé
E la fe dins l'an que vèn. Et la foi dans l'an qui vient.
Vuejo-nous la couneissènço Verse-nous la connaissance
Dóu Verai emai dóu Bèu Du Vrai comme du Beau
E lis àuti jouïssènço et les hautes jouissances
Que se trufon dóu toumbèu. Qui se rient de la tombe.
Vuejo-nous la Pouësio Verse-nous la poésie
Pèr canta tout ço que viéu, Pour chanter tout ce qui vit
Car es elo l'ambrousìo Car c'est elle l'ambroisie
Que tremudo l'ome en Diéu. Qui transforme l'homme en Dieu.
(se canto dre e soulenne) (se chante debout et solennel)
Pèr la glòri dóu terraire Pour la gloire du pays
Vautre enfin que sias counsènt Vous enfin nos complices
Catalan, de lieun, o fraire, Catalans de loin ô frères
Coumunien tóutis Tous ensemble,
ensèn ! communions !

Chant national des pays d'Oc "La Coupo" ne s'applaudit pas.
Cette chanson populaire fut publiée de nombreuses fois, dans des graphies différentes, avec des variantes et des changements dans l'ordre des couplets qui sont au nombre d'une trentaine dont la plupart concernent la femme. Elle est connue sous les noms de : "Lou Pastre", "Se canto e recanto" ou "Aquéli Mountagno". Les couplets, ci-dessus, sont un peu considérés comme le chant national des Pyrénées.

Renseignements relevés dans :
LOU RAMPAU D'OULIVIÉ
Mars - mai 1996 - n° 268.
Edicioun Roudelet felibren dóu Pichoun-Bousquet
9, rue de la Gorge - 13007 Marseille France

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Le concours de boules mixte du samedi a attiré une année jusqu’à 192 joueurs, concours qui commençait souvent très tard à cause de la prestation exécutée par la fanfare. Ensuite, toutes les rues éclairées (car elles ne l’étaient pas toutes à l’époque), étaient investies par les joueurs noctambules qui cherchaient toujours un terrain qu’ils connaissaient bien afin de bluffer l’équipe adverse, surtout si elle venait de l’extérieur.


Dans le passé, le grand concours de boules de la St Claude se faisait toujours à la longue. Il commençait le dimanche de la fête et se terminait obligatoirement le dimanche d’après, tant les joueurs étaient nombreux, les parties longues et très discutées, mais toujours très cordiales.

Pas de partage, pas d’entente au préalable entre joueurs.


Les finales allaient jusqu’au bout et se terminaient quasi en nocturne. C’était l’époque des vrais concours où la sportivité était de mise. Des dizaines de spectateurs assistaient à la finale car elle relevait très souvent du cinéma et du folklore. L’équipe Farine de St Maime arrivait pratiquement toujours en finale mais perdait in extremis face à l’équipe locale qui connaissait bien le terrain. Farine, tout vêtu de blanc, jetait sa casquette au sol, et la piétinait rageusement tant il était vert de colère.

 

C’était une finale en nocturne du grand concours à la longue pour la St Claude.

À droite on peut distinguer : MM. Paul Curnier avec son inséparable bouffarde, Louis Ghigo, Maxime Jean Cabrier, Joseph Giai-Checa, Jean Prot et en 7ème position Eugène Soler ...
À gauche nous distinguons :
Victor Espinelly, puis un ouvrier mineur venu de Méthamis (Vaucluse) et Mesdames Anna Robin et Ginette Pardigon ...
Au fond : de gauche à droite les 3 finalistes de Sigonce du grand concours : Alfred Piozin, Jean Lovera, Louis Portigliatti (col de chemise blanche bien ouvert) et à côté Moïse Sube.

Cette année là c’était l’équipe Sigonçière qui avait emporté la dernière manche face à la grande équipe Farine de St Maime qui ne décolérait pas.

 

Une partie de pétanque très discutée pour la St Claude, il y a quelques décennies.

 

La St Claude sans la musique et son bal c'était impensable contrairement à aujourd’hui, l’on dansait très tard dans la nuit, la piste étant toujours occupée par d’infatigables danseurs (slows, tangos, valses...). Le dimanche après-midi, la fête foraine battait son plein. Sous le regard de la directrice Massot-Devèse, assise au bord de la piste, avec son inséparable canne, le Quadrille Sisteronais ou Le Jazz-Band de Manosque sous la direction de M. Angelvin, mobilisaient les foules qui se pressaient autour de la piste. Avec ce dernier, c’était le déchaînement dans les rues ou sur la place de la mairie. Habillées successivement en claudettes, en mexicaines, ou en majorettes traditionnelles, ces superbes jeunes filles du groupe attiraient les foules, qui les admiraient et les applaudissaient avec force durant leurs prestations, nombreuses et variées, qu’accompagnaient des musiciens qui mettaient une ambiance folle et hors du commun.


Sigonce avait déjà son petit feu d’artifice à l’époque. La municipalité Oblé Maurel commandait fusées et feux de Bengale, fusées alignées et tirées à partir du mur du jardin Alpin (actuellement Th. Braud). De plus, les frères Espinelly (garagistes), fabriquaient chaque année des bombes artisanales qu’ils faisaient exploser le dimanche soir afin de compléter en beauté le programme pyrotechnique.


Malgré plusieurs fêtes aux alentours :
La Saunerie à Manosque, fête de la gare à Peyruis, fête Dieu aux Mées, et groupes folkloriques à Ganagobie, on venait volontiers à Sigonce par tradition et aussi et surtout parce que la fête avait la réputation d’être une belle fête.


Autour des "baraques", on attendait presque son tour pour y accéder, tant elles étaient très entourées et sollicitées par jeunes et moins jeunes qui voulaient vraiment faire la fête une fois l’an.

Juste après la guerre, les jeunes filles attendaient la St Claude pour se faire faire une nouvelle robe par la couturière du pays : Mlle Berthe Sube, qui venait prendre les mesures et coudre à domicile jusqu’à une heure fort tardive de la nuit. Les enfants et les jeunes gens réservaient leur plus belle tenue pour cette belle fête.


Le dimanche de la fête était le jour où l’on invitait parents et amis autour d’une bonne table pour un repas exceptionnel bien arrosé. Le monde agricole qui était très présent sur la commune à l’époque, à Sigonce, ralentissait ses activités afin de participer lui aussi à ces festivités de la St Claude.


Après la guerre, et durant de longues années, la messe était célébrée à 11h le dimanche de la St Claude par le curé de Fontienne, le père Urbain Vidal que certains invitaient à leur table à cette occasion, à l’issue de la messe. Par la suite, les curés de Forcalquier qui prirent notre paroisse en charge essayèrent de maintenir cette tradition durant quelques années, mais hélas aujourd’hui, la messe de la St Claude n’est plus qu’un souvenir.


Le lundi de la fête, un jour de congé exceptionnel était accordé aux élèves de la communale.

Le lundi matin, il y avait un grand concours de boules qui se terminait le mardi (juste après la guerre). 

L’après-midi était réservé pour le jeu des enfants. C’était : la course aux sacs (le participant était à l'intérieur d'un sac noué à la taille et devait avancer en faisant des bonds), la course aux œufs (avancer avec une petite cuillère tenue dans la bouche avec un œuf posé dessus), la marmite que l’on casse les yeux bandés (une marmite en terre cuite, contenant de l'eau ou de la sciure, pendue à l'aide d'une ficelle à un arbre et avec une perche il fallait la casser ... sans blesser les spectateurs), la poêle à frire enduite de suie avec une pièce collée au dos (récupérer la pièce avec la bouche résultat : maquillage assuré !!!), la bassine d’eau où flotte le citron que l’on doit attraper avec les dents, ou les pièces se trouvant au fond de l’eau... et bien d’autres jeux encore qui occupaient ces nombreux enfants pour un bon bout de temps dans la joie et la bonne humeur.

 

Les enfants regroupés devant la forge (garage Espinelly), participent aux jeux du lundi.
Il faudra récupérer la pièce sur la poêle sans trop se maquiller de suie.

Pour la photo suivante, il ne faudra pas casser l'œuf !!!

 

Course aux œufs pour la St Claude sous l'œil vigilant de M. Joseph Ruggiéro.

Il essaie d’attraper le citron entre ses dents.

La tête dans la grande bassine remplie d’eau et les mains dans le dos.

 

Que de monde ! Quelle ambiance !
Le lundi soir l’orchestre entraînait les danseurs jusqu’à une heure encore fort tardive.

Durant ces trois jours de fête, en début d’après-midi, Mme Alberte Sube (épouse du boulanger Léopold Sube), qui demeurait à la boulangerie du village (actuelle maison André Jamet), venait s’installer devant le café Sube (actuelle maison Héléna Ruegg), et vendait les délicieuses glaces faites maison à tous ceux qui l’attendaient avec impatience (cornets hostie ou cornets verts, dentelés, en alu, au choix).

Les trois cafés : Audibert Élise, Sube Rose, et Alpin Anaïs (dite Gabrielle), étaient bondés, les serveurs débordés, et les fêtards toujours plus assoiffés. 

C’était çà la St Claude à Sigonce autrefois !!!

La fête de la St Claude a été très souvent visitée par la pluie.
C’était presque une tradition à une certaine époque, et cela, durant plusieurs décennies.


Une année, le dimanche après-midi, un jour que le Jazz-Band de Manosque et les majorettes (habillées en trois tenues différentes) devaient donner une prestation d’environ une heure sur la place, face à la mairie, il pleuvait depuis le matin.

Ces dernières s’étaient changées à l’école, et attendaient sous la grande marquise du café Sube, espérant que la pluie s’arrête, mais elle tombait de plus belle.

 

Les nombreuses personnes qui étaient venues à la fête s’abritaient comme elles le pouvaient sous les avancées des baraques foraines. Mme Sube Antonia, qui est devenue plus tard la doyenne du village, était de celles-là. J’étais à l’abri à côté d’elle.

Presque désespérée, elle me dit : "c’est dommage quand même qu’il pleuve comme çà, juste au moment où on allait avoir un beau spectacle ! et ces pauvres filles ... qui sont si jolies".


Ce à quoi je lui réponds du tac au tac : "ne vous faites pas de soucis Mme Sube, j’ai mes entrées là-haut, je vais téléphoner au Bon Dieu pour que ça s’arrête".

 

Et, comme dans un conte d'Alphonse Daudet (Romancier et conteur français 1840-1897), la pluie a commencé à ralentir, puis s’est arrêtée définitivement.

 

Les danseuses se sont mises en piste et la fanfare en action.

Le spectacle qui a duré plus d’une heure, a été très applaudi.

Immédiatement la pluie s’est remise à tomber, et de plus en plus fort, jusqu’au mardi matin.

 

Ça s’est vraiment passé à Sigonce, il y a quelques décennies pour la fête de la St Claude.

 

Ces grandes et belles fêtes ont vécu, mais ces beaux souvenirs sont toujours omniprésents. Les quelques anciens qui restent encore ou qui vivent aux alentours, et qui ont participé activement à ces organisations de la St Claude dans le passé, pensent que les temps ont changé et qu’il faut savoir s’adapter aux desiderata des nouvelles générations qui ont une autre façon de faire et de voir les choses.

 

Émile Portigliatti

Autrefois la fête de la St Claude.

 

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